Presse

L'Est Républicain

Bar-le-Duc: toute une saison de travail pour jouer «L’enfant et les sortilèges»

«L’enfant et les sortilèges de Ravel» a réuni 10 musiciens et 90 choristes sur la scène du théâtre.

PLUS DE 900 SPECTATEURS se sont déplacés pour assister à cette occasion unique de voir et d’écouter « L’enfant et les sortilèges », de Maurice Ravel, sur la scène nationale de Bar-le-Duc, lors des 3 représentations programmées vendredi 20 et samedi 21 mai (dont une réservée aux scolaires). Ce moment fort, est le résultat d’un travail de toute une saison entre les Musiques à Ouïr, l’acb, la chorale Octavia et le CIM.

L’ensemble des Musiques à Ouïr, dirigé par Denis Charolles, a proposé de redécouvrir ce voyage musical et imaginaire au cœur de l’enfance et de la nature, grâce à une orchestration originale, puisant dans des sonorités acoustiques (harpe, flûte, saxophones, clarinette, accordéon) et électriques (ondes Martenot).

Le livret a été écrit par l’écrivaine Colette. Cette adaptation qui met en évidence les révolutions stylistiques que Ravel a apportées au XXe siècle, respecte la partition chantée, avec Cécile Coulomb, soprano, Charlotte Schumann, mezzo, Philippe Belet, ténor, et 90 choristes du chœur d’Octavia, de l’atelier chant du Cim et du chœur d’enfants de l’école de musique, dirigés par Jean-Pascal Desse.

Sur scène, la danse de Jennifer Macavinta et la création lumière de Michaël Dez incarnent les différentes intentions liées à la dramaturgie de l’œuvre.

Denis Charolles s’est dit très touché par la sensibilité du chœur et l’écoute du public. Il a tenu à saluer toute l’équipe, très à l’écoute, du théâtre, qui les a reçus sur ce plateau magnifique et a apprécié la chance d’avoir pu collaborer et interagir avec des partenaires qui partagent ses sensibilités.

Pour Jean Deloche, directeur de l’acb, c’est la participation active de tous les partenaires qui a permis à ce projet d’envergure d’aboutir.

 


Bulles de Culture

L'ENFANT & LES SORTILEGES par les Musiques à Ouïr

Grâce à Les Scènes du Jura, Bulles de Culture a découvert L’Enfant et les sortilèges, la fantaisie lyrique de Maurice Ravel et Colette, mise en scène par la compagnie Les Musiques à Ouïr.

Synopsis :

C’est un enfant qui s’ennuie en faisant ses devoirs et fuit pour vivre mille aventures dans la grande maison. Mais voilà que les objets s’animent et répondent au chenapan. Chat, écureuil, théière, fauteuil, livre de conte, l’ensemble prend vie et fait face au bambin turbulent.

 L’Enfant et les sortilègesUne adaptation audacieuse

 C’est un spectacle original que nous propose la compagnie Les Musiques à Ouïr avec ce spectacle L’Enfant et les Sortilèges. Exit l’orchestre symphonique. La fantaisie lyrique est interprétée par deux chanteuses lyriques et un trio de jazz. Pourquoi ce choix ? Pour faire découvrir l’esthétique du jazz qui est né lui aussi dans les années 1920.

De ce fait, la fantaisie ravélienne L’Enfant et les sortilèges se teinte de nuances musicales riches et pertinentes qui épousent à merveille la vivacité du texte. On sourit, on s’étonne au gré des notes et des mots. On se prend au jeu de cet univers enfantin dans lequel l’horloge perd le fil des heures et le vieux mathématicien celui de ses chiffres.

C’est à la fois une ode à l’enfance turbulente et à la nature que L’Enfant et les sortilèges propose. Car on s’attache à cet enfant, tout comme à ce petit peuple animal : le chat, l’écureuil, la libellule, la chauve-souris, les grenouilles. On se perd volontiers dans cette maison et son jardin avec tous ces êtres enchanteurs et enchantés.

Un conte pour enfants ?

 Œuvre du début du XXe siècle, L’Enfant et les sortilèges est marqué par l’influence du surréalisme. L’atmosphère onirique de cette farandole d’objets vivants et d’animaux doués de paroles vient nous le rappeler. On voit aussi apparaître des thèmes phares du surréalisme : l’hymne à une nature respectée à travers les animaux emprisonnés ou les arbres blessés, la révolte contre la rationalité bornée, la liberté des images, l’éveil de tous les sens.

Le spectateur adulte prend grand plaisir à cette plongée dans l’enfance et dans le rêve. Mais la naïveté apparente de L’Enfant et les sortilèges peut s’apparenter à un leurre. Ainsi, il n’est pas certain que le jeune public trouve autant de plaisir que ses accompagnateurs adultes à ce spectacle. Car l’absence de mise en scène, de décor, de costume rend l’accès difficile des plus petits qui peinent à suivre le fil de l’histoire. La distribution de l’ensemble des rôles à deux ou trois voix rend en effet compliquée aux enfants la compréhension de qui parle à chaque fois, d’autant que le chant lyrique n’est pas forcément d’accès facile aux plus jeunes ou aux non-initiés.

Aussi peut-on dire que les adultes doivent s’attendre à guider leurs bambins dans l’avancée de ce conte musical, sans quoi des plaintes vont se faire jour.

Cela dit, à l’exception du très jeune public, L’Enfant et les sortilèges, fantaisie à la fois légère et initiatique, en ravira plus d’un !

Morgane P.                                            21 mai 2017

 

En savoir plus :

  • L’Enfant et les sortilèges a été joué au théâtre de Lons-le-Saunier le mardi 9 mai 2017 à 14h15 et 19h30
  • Durée du spectacle : 50 minutes
  • Spectacle à partir de 6 ans

Le site officiel de la compagnie Les Musiques à Ouïr


Si ça vous chante- 2014

Ô Brigitte

Avec le groupe Musiques à ouïr dans un spectacle concept autour du répertoire de… Brigitte Fontaine : des chansons déjantées, un groupe qui ne craint pas d’aller encore plus loin, cela peut surprendre. Pour ma part, j’ai adoré ! Mené par le « percuteur »-arrangeur Denis Charolles, Musiques à ouïr (les Étrangers familiers qui revisitent avec Éric Lareine, les chansons de Brassens) c’est aujourd’hui un collectif de cinq musiciens multi-instrumentistes de haut vol (harpe, cuivres, batterie, claviers et cordes), dont trois au chant en complément de ou en alternance avec Oriane Lacaille (la fille de René, oui) et… Loïc Lantoine.


Cela commence de façon très classique avec Cet enfant que je t’avais fait  (Higelin-Fontaine), sur les notes cristallines de la harpiste, et puis ça dérape dans la provocation et l’humour absurde. Quelle jubilation ! Pensez : Conne, Le Nougat, Brigitte, La Symphonie pastorale, La Viande, Kékéland… avec un sommet himalayesque au centre du motif :

 un dialogue joué-chanté entre Areski et Fontaine, autrement dit Aurélie (la harpiste) et Loïc (car lui fait la fille et elle le garçon…). L’Incendie ! Un morceau d’anthologie, entre impassibilité (la description quasi-scientifique de la catastrophe en cours) et inquiétude (avec un Loïc Lantoine grandiose, masquant ses craintes au départ, l’air détaché, pour finir totalement frénétique) devant le désastre grandissant jusqu’à la chute finale de l’immeuble en flammes, après une explosion de gaz. Dix bonnes minutes de fou rire irrésistible, la salle écroulée, hurlant et pleurant de rire, n’en pouvant plus devant les mimiques et la gestuelle de Lantoine, dansant sur lui-même comme un Leprest mâtiné du meilleur Bourvil. Cocktail détonant ! Colossal. Grand moment. 

Pour Loïc Lantoine, ce spectacle n’est pourtant qu’« une parenthèse, en forme de récréation ». Alors ne le manquez pas s’il vient à passer près de chez vous et que « la » Fontaine revue et corrigée vous incite à l’ouïr plutôt qu’à la fuir. Mais souvenez-vous, de toute façon, que Loïc Lantoine, le spécialiste de « la chanson non chantée » (voir « Alors... chante ! 2 » vers la fin du sujet), est l’un de nos meilleurs auteurs francophones. Et quelle présence ! Quel charisme ! Quand Lantoine paraît, le public, aux anges, est captivé. 


Jazzaround 2015

Charolles/Nicols/Chevallier, Live At Kesselhaus, Berlin

Charolles/Nicols/ChevallierLive At Kesselhaus, Berlin.


WWW.ALLUMESDUJAZZ.COM

« Magique », oui mais pas comme dans un conte de fée. « Magique », oui mais pas comme un lapin sorti d’un chapeau. Non, « Magique » plutôt comme un moment où, un peu circonspect devant la ligne de musiciens proposés, on se laisse aller dans un univers totalement inattendu,  mais tellement beau.  Je dois dire que j’avais frissonné à l’écoute en direct de « I’ve Been Loving  You Too Long » d’Otis Redding – souvenir de jeunesse – et bien ça m’a repris en pointant ( en premier lieu, je l’avoue) la plage 7 sur le lecteur. Puis, pour gommer le  souvenir de la version de Stevie l’été dernier, je suis passé à la plage 11 : transfigurer,  transcender des thèmes bien connus comme « Superstition »,  ce moment de beauté et de destruction à la fois, est tout bonnement génial ! Et l’accompagnement de David Chevallier au banjo sur « Times They Are A Changing », c’est du grand art; heureusement qu’on a des musiciens comme ceux-là pour revisiter Dylan ! « Phylistins » de Brassens est traité tout en douceur, superposant  les voix de Denis Charolles et Maggie Nicols. « Systol » mené par Charolles, donne une belle improvisation parlée de Maggie Nicols, après « From C to C », belle composition du guitariste où le batteur joue des motifs sonores au trombone.  Cela sonne  comme « La Campagnie des Musiques à Ouïr », de Monniot, Charolles and Cie, mais en petite formation, il y a à la fois du burlesque, du surréaliste ( et on a en Belgique quelques groupes qui s’y connaissent dans le genre !) dans cette formation… Bon, je m’emporte un peu, là ! Mais j’ai tellement espéré réentendre ce moment « Magique », que maintenant qu’il est là, tournant sous le couvercle – je ne peux m’empêcher de partager mon bonheur ! Ce « Magique » Live At Kesselhaus, Berlin est disponible via Les Allumés du Jazz.

Jean-Pierre Goffin

Jean-Pierre Goffin


PRESSE OCEAN - 2013

Ce soir « Ô Brigitte ! » ouvre la saison La Bouche d’Air et Pannonica

PRESSE OCEAN.FR -  2013

Ce soir « Ô Brigitte ! » ouvre la saison La Bouche d’Air et Pannonica

Quel meilleur terrain de jeu que celui du répertoire de Brigitte Fontaine pour Denis Charolles et les Musiques à Ouïr et leur goût pour la relecture ? Avec toute l'inventivité et le génie qui les caractérisent, ces aventuriers revisitent avec fougue et délicatesse un univers foisonnant, enclin au métissage, à l'écriture aussi classique que baroque. En bonne Campagnie, celle de Loïc Lantoine et Orianne Lacaille au chant, autour d'une orchestration originale, place est faite aux mots et à la poésie de cette grande prêtresse de la chanson, au gré de titres aussi inoubliables que « ah que la vie est belle », « je suis conne », « cet enfant que je t'avais fait » ou « la symphonie pastorale ». Un must qui ouvre la saison de la Bouche d’Air et du Pannonica à Nantes.

 

 

La TERRASSE

Ô BRIGITTE !

LA TERRASSE,  août 2016 -
 
O BRIGITTE

Fidèle à leurs doux délires, la bande de ces autres allumés du jazz revient sur les visions illuminées de Brigitte Fontaine. Tout un programme… Ô Brigitte !

Yvette Horner et Billie Holiday, Loïc Lantoine et Léo Ferré, les Clash et Zizi Jeanmaire… Les Musiques à Ouïr ont de longue date pratiqué l’art du sound-clash qui a tout de l’électrochoc dadaïste. Histoire sans doute de bousculer le jazz confortablement installé sur ses bons vieux principes pépères. En la manière, la joyeuse bande de godelureaux s’est tout particulièrement entichée de Brigitte Fontaine, grande dame de la chanson made in France, tendance dézinguée. Cette fois, ils revisitent le répertoire de « la reine des kékés », de Comme à la radio ! à Cet enfant que je t’avais fait, sans omettre ni La Symphonie pastorale et Ah que la vie est belle. Résultat : un fabuleux festin de musiques à partager en toute convivialité…              

 Jacques Denis


L'Est Républicain 04.02.2016

Un opéra moderne pour petits et grands...


Le Monde.fr -  09.12.2015

Brigitte Fontaine, perfectionniste qui se fiche de tout

Elle fait une entrée d'arène, une entrée de Reine, une entrée de souveraine. Fermons le ban ! Pas besoin. Pourquoi ? Parce que, Elle, Brigitte Fontaine, elle sait mieux que tous, ce qu'elle fait et elle le fait en majesté. Cocasse, moqueuse, sincère, contrôlant l'incontrôlable : « Je vous admire... » Bien sûr, bien sûr, nous, on est eus. Somptueuse robe blanche, ailes noires dans le dos qu'elle change en éventail, en ombrelle aux dentelles noire, avec gapette de cuir, ou coiffure médiévale, allezsavoir, vue de si loin, dans une foule debout, énamourée, canaille, pinte en main, on peut se gourer. Faudra pas qu'elle se plaigne. 

Elle, c'est Brigitte Fontaine au Centre musical Barbara à Barbès, Fleury Goutte d'Or, Paris18 ème. Ni médiatiquement sur-annoncée, ni si facile à trouver, mais à quoi bon ? Le Centre est archi-plein (blindé, comme ils disent), le bar attenant avec écran approximatif, sur-occupé. Moyenne d'âge à peine plus élevée que celle des antiques fidèles, quand elle jouait ou chantait, si libre, si belle, à la Grande Séverine (pièce de Boris Vian, 1963), à Bobino en première partie de Brassens, juste avant Barbara (1964, quelle histoire !), ou dans l'incroyable Maman j'ai peur, avec Higelin et Rufus, à la Vieille Grille.

ARTISTE, MUSICIENNE, POÈTE... 

Puis ou en même temps, au Vieux Colombier avec l'Art Ensemble of Chicago en 1969 (Comme à la radio, superbe récitatif chanté, juste avant Monsieur le chef de gare de la Tour de Carol). Toujours promue par le Pop Club de José Artur et les félicitations de l'Académie Charles Cros. Ce qui ne l'empêche en rien derester, Elle, avec Higelin ou, très vite, avec son compagnon Areski Belkacem, phare underground du label Saravah, libre jusqu'au bout plutôt qu'insolente, inattendue ou folle. 

Belle, elle l'est restée, avec des titres insensés, et des jeunes fans, déçus entre deux bières, qu'elle ne resuce pas à l'infini son trésor de l'instant, Comme à la radio : « Elle n'assume pas... ». On a beauexpliquer. Elle est artiste, musicienne, poète. C'est si difficile de ne pas céder au passéisme des jeunes... Difficile ou pas, elle ne cherche en rien à gratter le passé. Il est dans son avenir, ses poésies et seslivres dont elle improvise des paragraphes en scène. Semblant se ficher de tout comme du reste alors qu'elle est une perfectionniste de l'imparfait : « Moi, je fais tout avec une certaine imperfection, ce qui me permet... » 

Tout est dit. Elle se permet. Elle se permet tout et le reste, fait rire, avec grimaces et déraillements voulus : « J'ai le plaisir de vous présenter... » – rires persillés d'ovations et de lazzi! – « ... le spectacle le plus pourri du monde... » Ovation et rires. Tu parles ! C'est un drame musical instantané, loufoque, génial, grave. 

DEUX VOIX VENUES D'ON NE SAIT OÙ 

Elle s'entoure d'un groupe au millipoil, Les Musiques à Ouïr. Ils sentent les chansons, les accidents et les drôleries comme s'ils les avaient pondues demain. Lors même qu'ils l'accompagnent, mais alors, jusqu'au bout. Direction, Denis Charolles, percu tout azimut, debout un instant sur son siège pour hurlerLa Viande, soutenu par la harpe d'Aurélie Saraf et la voix de la Reine qui le pousse à pousser, phénomène... 

Vous voulez de l'émotion au cordeau ? Brigitte Fontaine chante simplement accompagnée par l'un ou l'autre, Julien Eil et Alexandre Authelain (anches, baryton aux graves impérieux, ténor ici free, clarinettes et synthétiseurs). Les repères, ce sont Claude Delrieu (accordéon magique) et Aurélie Saraf, présente sur toutes les pièces ou propulsée en duo avec Elle. Et puis, chez ces gens-là, Monsieur, il y a deux voix venues d'on ne sait où : Loïc Lantoine et son corps finement détraqué ; Oriane Lacaille, dont la taille s'augmente d'un enfant à naître bientôt. 

Elle, elle reste assise, attentive comme le sont les enfants, doublant au micro telle phrase comme d'un souvenir qui reviendrait, les remerciant avec des airs de Reine récompensée. Oriane ose chanter devant elle J'ai vingt-six ans (voilà pour les juvéniles nostalgiques grognons), en duo parfait avec Julien Eil (clarinette basse). Recréation bouleversante qu'elle termine en lui assénant à elle, Brigitte Fontaine, en scène, Voilà, tu sais tout.

LA REINE DES NUITS TORDUES 

Musiques à Ouïr de près, instrumentaire à tout faire, ce sont des airs de foire, de complainte, de rage ou de festnoz. Areski entre en scène, guitare en bandoulière. La fête, le drame, le théâtre, tout exulte. La précieuse Reine des nuits tordues entonne : « J'exhibai ma carte senior / Sous les yeux goguenards des porcs / Qui partirent d'un rire obscène / Vers ma silhouette de sirène ». 

Refrain repris en chœur par la salle : « Je suis vieille et je vous encule / Avec mon look de libellule / Je suis vieille et je vais crever / Un petit détail oublié / Passez votre chemin bâtard / Et filez au wagon bar / Je fumerai ma cigarette / Tranquillement dans les toilettes » Bigre. Apollinaire allé avec Elle. C'est son hymne, sa devise, Prohibition. Impertinente ? Subversive ? Ben non : libre. Pas simplement libre, très libre.  

Par Francis Marmande


Télérama - 2 dec 2015

Brigitte Fontaine & Les Musiques à ouïr

Voir Fontaine sur scène avancer à pas feutrés, esquisser une danse ou se lancer dans une intervention inattendue, relève d'une expérience sensorielle inoubliable, car on ne sait jamais ce qu'elle nous réserve. La voilà de retour avec ses chansons revisitées cette fois en compagnie de la fine équipe des Musiques à ouïr. L'occasion de l'entendre chanter entre autres avec Loïc Lantoine, qu'on adore.

Marie-Catherine Mardi.


Le Monde -  30.05.2015

Brigitte Fontaine, déesse tutélaire du festival « La voix est libre »

Déesse de la nuit, radicale égérie de «La voix est libre» (festival hors norme, énorme, anormal), Brigitte Fontaine – chamboulement de programme aidant – a donné un récital sans exemple, même dans son propre parcours, sous le chapiteau rouge sang du Cirque électrique (porte des Lilas, Paris 20e). 

C’était le 27 mai, la deuxième soirée du festival organisé jusqu’au 30 mai (date de la soirée de clôture, aux Bouffes du Nord) par Jazz nomades, où l’on prendra le mot de jazz dans sa splendeur impure et alchimique. 

Ecrin flamboyant à la prestation de la diva des rires et des emportements (allusion de serre-tête, lunettes rondes noires, falbalas remarquables, mi-pantalon, mi-robe) : La Campagnie des musiques à ouïr – cornaquée par Denis Charolles, mais tous sont à citer à l’ordre de la nation universelle, notamment ces génies de la voix dans le répertoire de la Dame de la nuit, Oriane Lacaille et Loïc Lantoine. 

Dans son dernier opus, Un vitrail de plus (Archimbaud éditeur, 2015), Brigitte Fontaine décrit ainsi la Reine du Mardi Gras : « Ses anges étaient légers, mais elle voulait souvent mourir. Surtout lorsque des malveillants disaient qu’elle était un génie, ce qui faisait peur à tout le monde et qui était complètement faux. La Reine du Mardi Gras était une conne, un point c’est tout. » 

Francis Marmande.