Presse

La Terrasse

Kaja Draksler/ Ensemble Op.Cit & Les Musiques à Ouïr

Publié le 23 novembre 2017 - N° 260     

Un pianiste allemand salué par ses jeunes pairs, une pianiste slovène en solo. Une soirée stimulante.

Ils ne sont pas moins de deux ensembles français pour rendre hommage au vénérable pianiste allemand, qui a marqué des générations de musiciens. « La musique de Joachim Kühn, énergisante, exigeante, lyrique, complexe et ludique, harmonique, euphorisante et même parfois hallucinante, laisse imaginer de belles possibilités. », prévient Denis Charolles, pilier des Musiques à Ouïr. « Ce projet nous permet de continuer à explorer de nouveaux territoires sonores », poursuit Guillaume Bourgogne, de l’ensemble Op.Cit, qui a souhaité y ajouter quelques morceaux de choix de Ligeti, Schoenberg et Weill. Cela promet. D’autant qu’en première partie, les Parisiens auront l’heur de découvrir la pianiste slovène Kaja Draksler, à l’esthétique aussi fortement ancrée dans les traditions de son pays qu’ouverte sur les improvisations les plus libres. Si l’on en juge par son récent duo avec Eve Risser, paru sur le label haute qualité Clean Feed, les amateurs d’expériences fortes devraient être plus que comblés. A bon entendeur…

Jacques Denis


Paris Normandie

Boire les paroles de Brigitte Fontaine au Havre

Dans le cadre du festival « Piano is not dead » organisé par le Tetris, le groupe « Musiques à Ouïr » rend hommage à la poésie de la chanteuse Brigitte Fontaine, célèbre auteure des « Zazous ».

Les six musiciens du collectif « Les Musiques à ouïr » ont invité la pianiste expérimentale et jazz Eve Risser à les rejoindre sur la scène du Tetris au Havre pour rendre hommage à la chanteuse Brigitte Fontaine. Ils la connaissent bien, pour avoir déjà partagé plusieurs concerts ensemble.

« Artiste à part »

« Nous avons beaucoup travaillé avec elle et lorsque je lui ai demandé quelles étaient les chansons qu’elle aimerait particulièrement défendre, elle m’a répondu ces chansons-là, celles qui seront interprétées lors de notre concert, explique Denis Charolles, responsable artistique du groupe. L’intensité de son œuvre, la force de sa poésie à la fois unique, contemporaine et extrêmement classique où l’on retrouve Rimbaud et Baudelaire, de même que son écriture d’une puissance évocatrice rare font d’elle une artiste à part. On aime beaucoup cette langue en mouvement, qui est une force d’émotion et, mise en musique et réorchestrée, a énormément de sens pour nous ». Les musiques signées Areski Belkacem, compagnon de route de longue date de Brigitte Fontaine, « sont à la fois populaires et savantes. Elles semblent très simples et en même temps sont pleines de trouvailles, de finesse, de nuances et de métissage où les sonorités d’Orient peuvent en côtoyer d’autres plus bretonnantes, voire électro ou plus java-musette ».

Les Musiques à Ouïr, singulièrement inclassables, envisagent d’ailleurs de s’orienter vers un travail sur la question des identités. « Si Brigitte Fontaine m’a particulièrement chamboulé sur la question de savoir ce qu’est un artiste. Dans la réflexion de l’être au monde, je pense beaucoup à Édouard Glissant sur les notions de métissage et de migration, pour lequel les plus grands phénomènes migratoires sont ceux de la pensée. En tant qu’artiste, notre seule identité, c’est le fait d’être sur scène, présents ».

Publié 30/11/2017


Culture Jazz

À la recherche de Joachim

Les Pérambulations Du Pérégrin - 78

D 10 NOVEMBRE 2017     YVES DORISON    

 

Cent vingt neuvième épisode

À la recherche de Joachim ou bien à l’aventure avec Kühn ? Ou l’inverse ? Croiser Ligeti, Schönberg ou Eisler (popularisé dans la sphère jazz par Das Kapital depuis quelques années) ? En route, bande de fureteurs assoiffés de sons, de notes, de mélodies, incongrus ou non. Peu importe, pourvu qu’on ait l’extase, n’est-ce pas ? Mais avec qui dites-moi ?

 

Les Musiques à Ouïr

Denis Charolles, batterie

Julien Eil, saxophones/flûtes/clarinettes

Christophe Girard, Accordéon

Lʼensemble Op.Cit

Laure Beretti, harpe

Amaryllis Billet, violon

Benoît Poly, percussions

Brice Berrerd, contrebasse

 

   Joachim Kühn

 

Et voici que la Mitteleuropa débarqua dans nos oreilles. Et nous ne la reconnûmes pas vraiment. Fortement structurée dans sa musique, l’entité bicéphale créatrice du projet prit quelques libertés, à l’improvisade, et tissa finement une toile musicale innovante qui ne manqua pas d’abord de nous interroger puis de nous intéresser. Mais que voulaient-ils donc nous faire savoir ? Que ces compositeurs étaient liés à l’âme géographique d’un bout d’écorce terrestre à l’histoire tumultueuse ? Qu’ils avaient en commun pour plaisir enfantin de pêcher dans le Danube cher à Claudio Magris ? Qu’ils avaient tous un esprit complexe qui les poussa à développer une musique contemporaine nécessitant un livret pour auditeur néophyte ? Et tiens, Hans semblait a priori éloigné de György et Arnold, non ? À la réflexion, pas autant que nous l’aurions cru. Et l’exilé d’Ibiza ? Lui, c’est certain, a laissé, et laisse encore, ses oreilles traîner ici et là pour nourrir son incroyable faconde et construire un grand œuvre qui dévoile ses accointances avec les extra-terrestres, notamment le dénommé Jean Sébastien. C’était donc lui le point commun (pour sûr il n’est point comme cet homme-là). Était-ce la réponse à nos questions ? Honnêtement, nous nous en fichâmes comme de l’an mil car nous fûmes emportés par la richesse des timbres présents (un vrai carnet de voyageur spatio-temporel), par l’alchimie étonnante qui s’épanouit devant nous, par le corps musical ainsi constitué sur le postulat ci-dessus inexpliqué et par le discours protéiforme d’où naquirent les histoires qu’il nous raconta.

Nous pourrions gloser plus longuement encore sur cet inhabituel concert mais il s’avère qu’un proverbe chinois dit que «  le ciel nous a donné deux oreilles pour écouter et une bouche pour parler. Nous devrions donc écouter deux fois plus que parler. » Alors achevons là ce pseudo compendium non sans vous faire toutefois savoir que le 1er novembre vit naître Mario Rigoni Stern, en 1921, et que ce dernier dans son ouvrage « Retour sur le Don  » vous fera traverser les contrastes de la Mitteleuropa en guerre, de la Russie au plateau d’Asagio (Vénétie).


Ouest-France

Les Sables. Un concert de reprises de chansons de Brigitte Fontaine

Vendredi 10 novembre, à l’auditorium Saint-Michel, aux Sables-d'Olonne, Denis Charolles et les Musiques à ouïr vont reprendre, pendant le temps d'un concert, le répertoire de Brigitte Fontaine.

Denis Charolles et les Musiques à ouïr se sont lancés le défi de reprendre le répertoire de Brigitte Fontaine. Avec toute l’inventivité et le génie qui les caractérisent, ces aventuriers revisitent avec fougue et délicatesse un univers foisonnant, enclin au métissage, à l’écriture aussi classique que baroque.

 

 

L’univers particulier de Brigitte Fontaine devient avec bonheur un terrain fort propice à l’exploration et la relecture propre à l’ouvrage des Musiques à ouïr.


Jazz Rhône-Alpes.com

The Kühn Concert au Periscope.

1/11/2017 – The Kühn Concert au Périscope

Une création ce soir au Périscope avec la rencontre de deux collectifs « Les musiques à Ouïr » et « L’Ensemble Op.Cit » qui ont décidé de célébrer la musique du pianiste et compositeur Joachim Kühn en nous offrant un concert astucieusement baptisé « The Kühn Concert ».

La référence au mythique concert du 24 janvier 1975 donné à Cologne par Keith Jarret sur un piano un peu « bastringue » à ses dires s’arrête là.

L’orchestre nous offre une musique étrange, très écrite avec des arrangements merveilleux et finement ciselés. La technique d’écriture de Kühn est intrigante : son « système » harmonique, le « Diminished Augmented System » est ici repris par les arrangeurs Guillaume Bourgogne, Julien Eil, Christophe Girard ou Denis Charolles. Ce dernier, sur scène semble complètement transporté par cette musique et c’est à se demander s’il ne la vit pas plus qu’il ne la joue. L’influence du free jazz est bien présente, mais aussi des pièces d’inspiration hongroise Hungarian Rock (de Ligeti). On passera bien sûr par Ornette Coleman avec Dancing in your Head, Joachim Kühn lui était très lié, et par une évocation de Bach : Bach’s death day (la biographie de Kühn stipule qu’il est cantor de l’église Saint-Thomas de Leipzig comme le fut Jean-Sébastien).

Vous le constatez on ne jouait pas dans la facilité pour cette première et les musiciens ont été excellents et à l’aise ou du moins ils en donnaient l’impression vu les visages épanouis et radieux qu’ils nous montraient. Le violon joue quelques notes à l’unisson avec l’accordéon puis arrivent les contrepoints avec le vibraphone, et, surprise, Amaryllis Billet sort sa vielle à roue, instrument peu ordinaire sur nos scènes. La batterie se fait arythmique, l’accordéon chuinte puis tout le monde s’embrase en tutti. Un concert riche en intensité.

Ce soir l’adage qui définit le jazz « la plus savante des musiques populaires et la plus populaire des musiques savantes » s’imposait.

 

Les musiques à Ouïr: Denis Charolles: batterie, percussions, trombone, guitare ; Julien Eil: saxophone, flûte, clarinette basse ; Christophe Girard: accordéon sax alto

L’Ensemble Op.Cit : Laure Beretti: harpe ; Amaryllis Billet: violon, viole à roue ; Benoît Poly: vibraphone, xylophone, percussions ; Brice Berrerd: contrebasse

 


La terrasse

Ô BRIGITTE !

CHANSON & JAZZ / SAINT-QUENTIN-EN-YVELINES
Publié le 30 août 2016 - N° 246
  • Fidèle à leurs doux délires, la bande de ces autres allumés du jazz revient sur les visions illuminées de Brigitte Fontaine. Tout un programme… Ô Brigitte !

Yvette Horner et Billie Holiday, Loïc Lantoine et Léo Ferré, les Clash et Zizi Jeanmaire… Les Musiques à Ouïr ont de longue date pratiqué l’art du sound-clash qui a tout de l’électrochoc dadaïste. Histoire sans doute de bousculer le jazz confortablement installé sur ses bons vieux principes pépères. En la manière, la joyeuse bande de godelureaux s’est tout particulièrement entichée de Brigitte Fontaine, grande dame de la chanson made in France, tendance dézinguée. Cette fois, ils revisitent le répertoire de « la reine des kékés », de Comme à la radio ! à Cet enfant que je t’avais fait, sans omettre ni La Symphonie pastorale et Ah que la vie est belle. Résultat : un fabuleux festin de musiques à partager en toute convivialité…

Jacques Denis

 

L'Est Républicain

Bar-le-Duc: toute une saison de travail pour jouer «L’enfant et les sortilèges»

«L’enfant et les sortilèges de Ravel» a réuni 10 musiciens et 90 choristes sur la scène du théâtre.

PLUS DE 900 SPECTATEURS se sont déplacés pour assister à cette occasion unique de voir et d’écouter « L’enfant et les sortilèges », de Maurice Ravel, sur la scène nationale de Bar-le-Duc, lors des 3 représentations programmées vendredi 20 et samedi 21 mai (dont une réservée aux scolaires). Ce moment fort, est le résultat d’un travail de toute une saison entre les Musiques à Ouïr, l’acb, la chorale Octavia et le CIM.

L’ensemble des Musiques à Ouïr, dirigé par Denis Charolles, a proposé de redécouvrir ce voyage musical et imaginaire au cœur de l’enfance et de la nature, grâce à une orchestration originale, puisant dans des sonorités acoustiques (harpe, flûte, saxophones, clarinette, accordéon) et électriques (ondes Martenot).

Le livret a été écrit par l’écrivaine Colette. Cette adaptation qui met en évidence les révolutions stylistiques que Ravel a apportées au XXe siècle, respecte la partition chantée, avec Cécile Coulomb, soprano, Charlotte Schumann, mezzo, Philippe Belet, ténor, et 90 choristes du chœur d’Octavia, de l’atelier chant du Cim et du chœur d’enfants de l’école de musique, dirigés par Jean-Pascal Desse.

Sur scène, la danse de Jennifer Macavinta et la création lumière de Michaël Dez incarnent les différentes intentions liées à la dramaturgie de l’œuvre.

Denis Charolles s’est dit très touché par la sensibilité du chœur et l’écoute du public. Il a tenu à saluer toute l’équipe, très à l’écoute, du théâtre, qui les a reçus sur ce plateau magnifique et a apprécié la chance d’avoir pu collaborer et interagir avec des partenaires qui partagent ses sensibilités.

Pour Jean Deloche, directeur de l’acb, c’est la participation active de tous les partenaires qui a permis à ce projet d’envergure d’aboutir.

 


Bulles de Culture

L'ENFANT & LES SORTILEGES par les Musiques à Ouïr

Grâce à Les Scènes du Jura, Bulles de Culture a découvert L’Enfant et les sortilèges, la fantaisie lyrique de Maurice Ravel et Colette, mise en scène par la compagnie Les Musiques à Ouïr.

Synopsis :

C’est un enfant qui s’ennuie en faisant ses devoirs et fuit pour vivre mille aventures dans la grande maison. Mais voilà que les objets s’animent et répondent au chenapan. Chat, écureuil, théière, fauteuil, livre de conte, l’ensemble prend vie et fait face au bambin turbulent.

 L’Enfant et les sortilègesUne adaptation audacieuse

 C’est un spectacle original que nous propose la compagnie Les Musiques à Ouïr avec ce spectacle L’Enfant et les Sortilèges. Exit l’orchestre symphonique. La fantaisie lyrique est interprétée par deux chanteuses lyriques et un trio de jazz. Pourquoi ce choix ? Pour faire découvrir l’esthétique du jazz qui est né lui aussi dans les années 1920.

De ce fait, la fantaisie ravélienne L’Enfant et les sortilèges se teinte de nuances musicales riches et pertinentes qui épousent à merveille la vivacité du texte. On sourit, on s’étonne au gré des notes et des mots. On se prend au jeu de cet univers enfantin dans lequel l’horloge perd le fil des heures et le vieux mathématicien celui de ses chiffres.

C’est à la fois une ode à l’enfance turbulente et à la nature que L’Enfant et les sortilèges propose. Car on s’attache à cet enfant, tout comme à ce petit peuple animal : le chat, l’écureuil, la libellule, la chauve-souris, les grenouilles. On se perd volontiers dans cette maison et son jardin avec tous ces êtres enchanteurs et enchantés.

Un conte pour enfants ?

 Œuvre du début du XXe siècle, L’Enfant et les sortilèges est marqué par l’influence du surréalisme. L’atmosphère onirique de cette farandole d’objets vivants et d’animaux doués de paroles vient nous le rappeler. On voit aussi apparaître des thèmes phares du surréalisme : l’hymne à une nature respectée à travers les animaux emprisonnés ou les arbres blessés, la révolte contre la rationalité bornée, la liberté des images, l’éveil de tous les sens.

Le spectateur adulte prend grand plaisir à cette plongée dans l’enfance et dans le rêve. Mais la naïveté apparente de L’Enfant et les sortilèges peut s’apparenter à un leurre. Ainsi, il n’est pas certain que le jeune public trouve autant de plaisir que ses accompagnateurs adultes à ce spectacle. Car l’absence de mise en scène, de décor, de costume rend l’accès difficile des plus petits qui peinent à suivre le fil de l’histoire. La distribution de l’ensemble des rôles à deux ou trois voix rend en effet compliquée aux enfants la compréhension de qui parle à chaque fois, d’autant que le chant lyrique n’est pas forcément d’accès facile aux plus jeunes ou aux non-initiés.

Aussi peut-on dire que les adultes doivent s’attendre à guider leurs bambins dans l’avancée de ce conte musical, sans quoi des plaintes vont se faire jour.

Cela dit, à l’exception du très jeune public, L’Enfant et les sortilèges, fantaisie à la fois légère et initiatique, en ravira plus d’un !

Morgane P.                                            21 mai 2017

 

En savoir plus :

  • L’Enfant et les sortilèges a été joué au théâtre de Lons-le-Saunier le mardi 9 mai 2017 à 14h15 et 19h30
  • Durée du spectacle : 50 minutes
  • Spectacle à partir de 6 ans

Le site officiel de la compagnie Les Musiques à Ouïr


Si ça vous chante- 2014

Ô Brigitte

Avec le groupe Musiques à ouïr dans un spectacle concept autour du répertoire de… Brigitte Fontaine : des chansons déjantées, un groupe qui ne craint pas d’aller encore plus loin, cela peut surprendre. Pour ma part, j’ai adoré ! Mené par le « percuteur »-arrangeur Denis Charolles, Musiques à ouïr (les Étrangers familiers qui revisitent avec Éric Lareine, les chansons de Brassens) c’est aujourd’hui un collectif de cinq musiciens multi-instrumentistes de haut vol (harpe, cuivres, batterie, claviers et cordes), dont trois au chant en complément de ou en alternance avec Oriane Lacaille (la fille de René, oui) et… Loïc Lantoine.


Cela commence de façon très classique avec Cet enfant que je t’avais fait  (Higelin-Fontaine), sur les notes cristallines de la harpiste, et puis ça dérape dans la provocation et l’humour absurde. Quelle jubilation ! Pensez : Conne, Le Nougat, Brigitte, La Symphonie pastorale, La Viande, Kékéland… avec un sommet himalayesque au centre du motif :

 un dialogue joué-chanté entre Areski et Fontaine, autrement dit Aurélie (la harpiste) et Loïc (car lui fait la fille et elle le garçon…). L’Incendie ! Un morceau d’anthologie, entre impassibilité (la description quasi-scientifique de la catastrophe en cours) et inquiétude (avec un Loïc Lantoine grandiose, masquant ses craintes au départ, l’air détaché, pour finir totalement frénétique) devant le désastre grandissant jusqu’à la chute finale de l’immeuble en flammes, après une explosion de gaz. Dix bonnes minutes de fou rire irrésistible, la salle écroulée, hurlant et pleurant de rire, n’en pouvant plus devant les mimiques et la gestuelle de Lantoine, dansant sur lui-même comme un Leprest mâtiné du meilleur Bourvil. Cocktail détonant ! Colossal. Grand moment. 

Pour Loïc Lantoine, ce spectacle n’est pourtant qu’« une parenthèse, en forme de récréation ». Alors ne le manquez pas s’il vient à passer près de chez vous et que « la » Fontaine revue et corrigée vous incite à l’ouïr plutôt qu’à la fuir. Mais souvenez-vous, de toute façon, que Loïc Lantoine, le spécialiste de « la chanson non chantée » (voir « Alors... chante ! 2 » vers la fin du sujet), est l’un de nos meilleurs auteurs francophones. Et quelle présence ! Quel charisme ! Quand Lantoine paraît, le public, aux anges, est captivé. 


Jazzaround 2015

Charolles/Nicols/Chevallier, Live At Kesselhaus, Berlin

Charolles/Nicols/ChevallierLive At Kesselhaus, Berlin.


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« Magique », oui mais pas comme dans un conte de fée. « Magique », oui mais pas comme un lapin sorti d’un chapeau. Non, « Magique » plutôt comme un moment où, un peu circonspect devant la ligne de musiciens proposés, on se laisse aller dans un univers totalement inattendu,  mais tellement beau.  Je dois dire que j’avais frissonné à l’écoute en direct de « I’ve Been Loving  You Too Long » d’Otis Redding – souvenir de jeunesse – et bien ça m’a repris en pointant ( en premier lieu, je l’avoue) la plage 7 sur le lecteur. Puis, pour gommer le  souvenir de la version de Stevie l’été dernier, je suis passé à la plage 11 : transfigurer,  transcender des thèmes bien connus comme « Superstition »,  ce moment de beauté et de destruction à la fois, est tout bonnement génial ! Et l’accompagnement de David Chevallier au banjo sur « Times They Are A Changing », c’est du grand art; heureusement qu’on a des musiciens comme ceux-là pour revisiter Dylan ! « Phylistins » de Brassens est traité tout en douceur, superposant  les voix de Denis Charolles et Maggie Nicols. « Systol » mené par Charolles, donne une belle improvisation parlée de Maggie Nicols, après « From C to C », belle composition du guitariste où le batteur joue des motifs sonores au trombone.  Cela sonne  comme « La Campagnie des Musiques à Ouïr », de Monniot, Charolles and Cie, mais en petite formation, il y a à la fois du burlesque, du surréaliste ( et on a en Belgique quelques groupes qui s’y connaissent dans le genre !) dans cette formation… Bon, je m’emporte un peu, là ! Mais j’ai tellement espéré réentendre ce moment « Magique », que maintenant qu’il est là, tournant sous le couvercle – je ne peux m’empêcher de partager mon bonheur ! Ce « Magique » Live At Kesselhaus, Berlin est disponible via Les Allumés du Jazz.

Jean-Pierre Goffin

Jean-Pierre Goffin