Presse

Le Dauphiné Libéré - Mars 2017

Un concert en hommage à Brassens

MUSIQUE - SEPT ARTISTES ÉTAIENT SUR LA SCÈNE DES ABATTOIRS

“Un salut à Georges” a séduit les fans de Brassens aux Abattoirs, vendredi.

Chanter Brassens, c’est convoquer la poésie, l’humour, l’engagement, la tendresse et l’amitié. Aux Abattoirs vendredi, rien ne manquait à ce cocktail-hommage savoureux proposé par sept drôles de copains d’abord. Éric Lareine, Loïc Lantoine, Denis Charolles, François Pierron, Julien Eil, Élodie Pasquier et Claude Delrieu ont fait le show avec saxophone, guitare, accordéon, contrebasse, harmonica, batterie, clairon, sans oublier gravier, arrosoir, cagettes et surtout… beaucoup, beaucoup d’énergie, d’invention et de sensibilité.

“Les Étrangers familiers” s’amusent avec les mots du grand Georges, avec ceux des poètes qui l’ont inspiré, et ont interprété certains titres en chti, en espagnol chilien, en irlandais, le tout, sur des rythmes jazz, folk ou rock.

Ils ont aussi chanté un morceau qui a bercé sa jeunesse et l’a inspiré, donnant lieu à une “romance de la pluie” savoureuse et à une chorégraphie aérienne et endiablée irrésistible.

Sur scène puis en déambulation finale dans la salle, le groupe a séduit pendant plus de deux heures les spectateurs, avec pas loin de trente titres représentatifs de l’univers du poète chanteur sétois. Intime et universel, l’esprit de Georges Brassens était bien là. Y a pas à dire : quand on est bon, on est bon !

 Publié le 05/03/2018 à 06:00


L'Atelier des Initiatives- 2017

Les Os Ouïssent : voyage halluciné en Oulipie

Florian SANFILIPPO -Janvier 2018

La Soufflerie accueillait l’un des concerts les plus insolites de son agenda culturel, ce Vendredi 19 Janvier, au théâtre municipal de Rezé. Sous l’invitation de David Chevalier, le trio des Musiques à Ouïr mené par Denis Charolles, ici accompagné d’Emilie Lesbros au chant, s’y sont produits, eux et leurs fraîches textures sonores, expérimentales et déjantées à souhait.

Quand l’Oulipie s’en lie, le jazz jazze. Dans cette salle aux sièges bien remplis se côtoient deux répertoires d’une musique plutôt savante : d’un côté, un jazz avant-gardiste et typé free improvisation, ce terrain expérimental où les partitions ne sont que des prétextes à de multiples évasions ; de l’autre côté, une poésie qui se revendique ouvertement de l’Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentiel), ce groupe de lettrés créé en 1961, cette « ludique pratique » (ou inversement) en perpétuelle quête d’innovations artistiques, d’originales distorsions de la langue et des sens. Sous la chape de l’écrivain George Perec, dont certains textes hantent le répertoire bien varié du concert, Les Os Ouïssent sonne comme le résultat d’un travail collectif des cinq artistes, en résidence auprès de la Soufflerie depuis le début de la semaine. Les compositions de Denis Charolles se mélangent ainsi à des créations originales où l’improvisation prend toute son importance. Sous sa structure résolument jazz (un socle batterie, contrebasse et saxophone-clarinette) fleurissent les paroles chantées parfois sensées, parfoisbruitées, souvent les deux, de la très versatile Emilie Lesbros. Distorsions linguistiques et modulations sonores font bon ménage.

Dans ce bouillon musical qui brûle d’audace et d’ingéniosité, il faut se montrer réceptif aux incessantes gymnastiques des artistes : un classique musical déformé sous la contrainte littéraire du S7, un poème étrangement scandé sur une cacophonie free-jazz, un ping-pong de bruitages, de cris et d’onomatopées entremêlés entre une Emilie lunaire et un Denis totalement habité … tels sont quelques-unes des fascinantes créations auxquelles se livrent le quatuor. Dans cet espace où le jeu scénique importe et où musique et texte emportent, s’épousant mutuellement et s’épanouissant sans hiérarchie aucune, l’on assiste à d’étranges remous créatifs. Les trois musiciens sont brillants, ingénieux et modestes. Denis Charolles brille par son investissement total et son espièglerie. En plus d’être un batteur emporté, il se fait volontiers conteur traficoté, tromboniste déhanché ou hilarant joueur de scie musicale. Julien Eil dynamise incroyablement les morceaux, que ce soit à l’aide de chaudes mélopées de clarinettes, d’une flute traversière façon Jethro Tull ou des soli aériens d’un saxophone strident, qui sait aussi se faire lourd et rythmique à la manière du grand John Zorn. La contrebasse du discret Thibault Cellier n’est pas en reste, car son jeu varié, puissant et technique apporte de la densité et du liant à l’ossature quelque peu anarchique de ces os qui ouïssent. Emilie Lesbros calque sur cette succession de crescendos furibonds, de douces brisures et de bruissements sonores une voix tantôt grave et pleine, ponctuée de finaux suraigus mais toujours parfaitement maîtrisés, ou d’une avalanche de scat aussi technique que désopilante. ...

L’Oulipie musicale semble prometteuse d’ouvertures constantes, de défis nouveaux, que ce soit dans la recherche de rendus toujours plus poussés, vivants et décalés, mais aussi dans la quête de nouveaux publics, curieux et ouverts à ces passionnants bouquets artistiques.


La Terrasse - Dec 2017

Un pianiste allemand salué par ses jeunes pairs, une pianiste slovène en solo. Une soirée stimulante.

Ils ne sont pas moins de deux ensembles français pour rendre hommage au vénérable pianiste allemand, qui a marqué des générations de musiciens. « La musique de Joachim Kühn, énergisante, exigeante, lyrique, complexe et ludique, harmonique, euphorisante et même parfois hallucinante, laisse imaginer de belles possibilités. », prévient Denis Charolles, pilier des Musiques à Ouïr. « Ce projet nous permet de continuer à explorer de nouveaux territoires sonores », poursuit Guillaume Bourgogne, de l’ensemble Op.Cit, qui a souhaité y ajouter quelques morceaux de choix de Ligeti, Schoenberg et Weill. Cela promet. D’autant qu’en première partie, les Parisiens auront l’heur de découvrir la pianiste slovène Kaja Draksler, à l’esthétique aussi fortement ancrée dans les traditions de son pays qu’ouverte sur les improvisations les plus libres. Si l’on en juge par son récent duo avec Eve Risser, paru sur le label haute qualité Clean Feed, les amateurs d’expériences fortes devraient être plus que comblés. A bon entendeur…

Jacques Denis


Culture Jazz - 2017

À la recherche de Joachim ou bien à l’aventure avec Kühn ?

À la recherche de Joachim ou bien à l’aventure avec Kühn ? Ou l’inverse ? Croiser Ligeti, Schönberg ou Eisler (popularisé dans la sphère jazz par Das Kapital depuis quelques années) ? En route, bande de fureteurs assoiffés de sons, de notes, de mélodies, incongrus ou non. Peu importe, pourvu qu’on ait l’extase, n’est-ce pas ? Mais avec qui dites-moi ?

Et voici que la Mitteleuropa débarqua dans nos oreilles. Et nous ne la reconnûmes pas vraiment. Fortement structurée dans sa musique, l’entité bicéphale créatrice du projet prit quelques libertés, à l’improvisade, et tissa finement une toile musicale innovante qui ne manqua pas d’abord de nous interroger puis de nous intéresser. Mais que voulaient-ils donc nous faire savoir ? Que ces compositeurs étaient liés à l’âme géographique d’un bout d’écorce terrestre à l’histoire tumultueuse ? Qu’ils avaient en commun pour plaisir enfantin de pêcher dans le Danube cher à Claudio Magris ? Qu’ils avaient tous un esprit complexe qui les poussa à développer une musique contemporaine nécessitant un livret pour auditeur néophyte ? Et tiens, Hans semblait a priori éloigné de György et Arnold, non ? À la réflexion, pas autant que nous l’aurions cru. Et l’exilé d’Ibiza ? Lui, c’est certain, a laissé, et laisse encore, ses oreilles traîner ici et là pour nourrir son incroyable faconde et construire un grand œuvre qui dévoile ses accointances avec les extra-terrestres, notamment le dénommé Jean Sébastien. C’était donc lui le point commun (pour sûr il n’est point comme cet homme-là). Était-ce la réponse à nos questions ? Honnêtement, nous nous en fichâmes comme de l’an mil car nous fûmes emportés par la richesse des timbres présents (un vrai carnet de voyageur spatio-temporel), par l’alchimie étonnante qui s’épanouit devant nous, par le corps musical ainsi constitué sur le postulat ci-dessus inexpliqué et par le discours protéiforme d’où naquirent les histoires qu’il nous raconta.

Nous pourrions gloser plus longuement encore sur cet inhabituel concert mais il s’avère qu’un proverbe chinois dit que «  le ciel nous a donné deux oreilles pour écouter et une bouche pour parler. Nous devrions donc écouter deux fois plus que parler. » Alors achevons là ce pseudo compendium non sans vous faire toutefois savoir que le 1er novembre vit naître Mario Rigoni Stern, en 1921, et que ce dernier dans son ouvrage « Retour sur le Don  » vous fera traverser les contrastes de la Mitteleuropa en guerre, de la Russie au plateau d’Asagio (Vénétie).

YVES DORISON    Les Pérambulations Du Pérégrin - 78


Télérama - 2017

Ensemble Op.Cit, Les Musiques à Ouïr 


Deux ensembles se penchent de concert sur la musique énergisante, lyrique, ludique,euphorisante et hallucinante de Joachim Kühn !


Paris-Normandie - 2017

Boire les paroles de Brigitte Fontaine au Havre

La poésie de Brigitte Fontaine par des musiciens inclassables 

Dans le cadre du festival « Piano is not dead » organisé par le Tetris, le groupe « Musiques à Ouïr » rend hommage à la poésie de la chanteuse Brigitte Fontaine, célèbre auteure des « Zazous ». Les six musiciens du collectif « Les Musiques à ouïr » ont invité la pianiste expérimentale et jazz Eve Risser à les rejoindre sur la scène du Tetris au Havre pour rendre hommage à la chanteuse Brigitte Fontaine. Ils la connaissent bien, pour avoir déjà partagé plusieurs concerts ensemble.

« Une Artiste à part »

« Nous avons beaucoup travaillé avec elle et lorsque je lui ai demandé quelles étaient les chansons qu’elle aimerait particulièrement défendre, elle m’a répondu ces chansons-là, celles qui seront interprétées lors de notre concert, explique Denis Charolles, responsable artistique du groupe. L’intensité de son œuvre, la force de sa poésie à la fois unique, contemporaine et extrêmement classique où l’on retrouve Rimbaud et Baudelaire, de même que son écriture d’une puissance évocatrice rare font d’elle une artiste à part. On aime beaucoup cette langue en mouvement, qui est une force d’émotion et, mise en musique et réorchestrée, a énormément de sens pour nous ». Les musiques signées Areski Belkacem, compagnon de route de longue date de Brigitte Fontaine, « sont à la fois populaires et savantes. Elles semblent très simples et en même temps sont pleines de trouvailles, de finesse, de nuances et de métissage où les sonorités d’Orient peuvent en côtoyer d’autres plus bretonnantes, voire électro ou plus java-musette ».

Les Musiques à Ouïr, singulièrement inclassables, envisagent d’ailleurs de s’orienter vers un travail sur la question des identités. « Si Brigitte Fontaine m’a particulièrement chamboulé sur la question de savoir ce qu’est un artiste. Dans la réflexion de l’être au monde, je pense beaucoup à Édouard Glissant sur les notions de métissage et de migration, pour lequel les plus grands phénomènes migratoires sont ceux de la pensée. En tant qu’artiste, notre seule identité, c’est le fait d’être sur scène, présents ».

Publié 30/11/2017 Ô BRIGITTE Au Tetris au Havre, le vendredi 1er décembre


Jazz-Rhône-Alpes.com - 2017

The Kühn Concert au Périscope

 Une création ce soir au Périscope avec la rencontre de deux collectifs « Les musiques à Ouïr » et « L’Ensemble Op.Cit » qui ont décidé de célébrer la musique du pianiste et compositeur Joachim Kühn en nous offrant un concert astucieusement baptisé « The Kühn Concert ».

La référence au mythique concert du 24 janvier 1975 donné à Cologne par Keith Jarret sur un piano un peu « bastringue » à ses dires s’arrête là.

L’orchestre nous offre une musique étrange, très écrite avec des arrangements merveilleux et finement ciselés. La technique d’écriture de Kühn est intrigante : son « système » harmonique, le « Diminished Augmented System » est ici repris par les arrangeurs Guillaume Bourgogne, Julien Eil, Christophe Girard ou Denis Charolles. Ce dernier, sur scène semble complètement transporté par cette musique et c’est à se demander s’il ne la vit pas plus qu’il ne la joue. L’influence du free jazz est bien présente, mais aussi des pièces d’inspiration hongroise Hungarian Rock (de Ligeti). On passera bien sûr par Ornette Coleman avec Dancing in your Head, Joachim Kühn lui était très lié, et par une évocation de Bach : Bach’s death day (la biographie de Kühn stipule qu’il est cantor de l’église Saint-Thomas de Leipzig comme le fut Jean-Sébastien).

Vous le constatez on ne jouait pas dans la facilité pour cette première et les musiciens ont été excellents et à l’aise ou du moins ils en donnaient l’impression vu les visages épanouis et radieux qu’ils nous montraient. Le violon joue quelques notes à l’unisson avec l’accordéon puis arrivent les contrepoints avec le vibraphone, et, surprise, Amaryllis Billet sort sa vielle à roue, instrument peu ordinaire sur nos scènes. La batterie se fait arythmique, l’accordéon chuinte puis tout le monde s’embrase en tutti. Un concert riche en intensité.

Ce soir l’adage qui définit le jazz « la plus savante des musiques populaires et la plus populaire des musiques savantes » s’imposait.

 

 


NOVA Planet - 2016

Magic Barbès, Brigitte Fontaine & Musiques à Ouïr

 mercredi 30 mars au FGO-Barbara.

Oui vous avez bien lu, Brigitte, La Brigitte Fontaine. Véritable monument irrévérencieux de la (contre)culture française. Entre chansons décalées, théâtre déphasé et écrivain surréaliste, Brigitte Fontaine est une artiste complète et elle vous emmerde. Ce mercredi 30 mars, elle sera accompagnée des Musiques à Ouïr pour une relecture de son univers poétique où métissage et folie seront maîtres mots.


Lylo, Les coups de coeur de la rédaction - 2016

Les Musiques à Ouïr : Duke et Thelonious

Les Musiques à Ouïr : Duke et Thelonious À La Dynamo de Banlieues Bleues, le 28 juin 2016

Les Musiques à Ouïr, espace de "meltin-pots" sensoriel et musical, invite à tout prendre au second degré (au bas mot) et à vous faire ouïr tout ce que vous n'imaginiez pas entendre quand, par exemple, vous écoutez un standard de jazz ou une chanson populaire. Composé de musiciens libres au swing exceptionnel, l'allègre orchestre piloté par le batteur Denis Charolles s'amuse à inventer et ré-inventer une musique qui par définition se cherche en permanence. Pour l'occasion, et non pas des moindres, le répertoire de deux grands monstres du jazz sera à l'honneur, Duke Ellington et Thelonious Monk. Attention, concert à haut risque de swing déjanté !


Télérama - 2016

La Campagnie des musiques à ouïr - Duke & Thelonious

La Campagnie des musiques à ouïr - Duke & Thelonious

On aime beaucoup

 La Campagnie des musiques à ouïr, c'est d'habitude les quatre allumés du jazz Denis Charolles (batterie, percussions, trombone, arrosoir, objets hétéroclites, voix), Julien Eil (saxophone baryton, clarinette basse, flûte traversière), Frédéric Gastard (saxophone basse, ténor, soprano, synthé), François Pierron (contrebasse), mais il peut y avoir des changements. Sur des compositions d'Ellington et de Monk, ils ont quelque chose à dire et le disent à qui veut les écouter. Vous, par exemple.

Michel Contat.